Quel est le rôle principal de l’APU ?
Notre priorité, c’est l’aide au logement : on a remarqué que bien souvent, les gens ne connaissent pas leurs droits. Ils ne savent pas où faire les démarches, alors on les aide à constituer un dossier. Notre principale action se situe au niveau du Fonds solidarité logement (FSL) : on oriente les demandeurs vers le conseil général, qui se porte garant pour l’obtention du logement. C’est le gros de notre travail : sur les 285 dossiers que l’on ouvre chaque année, 140 d’entre eux sont des dossiers FSL.
Comment vivez-vous l’augmentation des loyers à Wazemmes ?
On ne peut plus suivre... On croule sous les dossiers, et on a du mal à refuser des gens. Pour le FSL, par exemple, le seuil de loyer à ne pas dépasser, c’est 400 euros par mois. Vous avez vu les loyers à Wazemmes ? Un studio peut en valoir 450 ! La solution, c’est d’envoyer les gens à Fives, Roubaix, Armentières, mais ils ne partent pas comme ça ; ils sont attachés à leur quartier. Sans compter que le délai pour obtenir un logement en HLM, c’est tout de même trois ans ! Pour y remédier, on oriente les demandeurs vers le privé, mais c’est de plus en plus cher. Nous-mêmes, on connaît ces problèmes-là : dès l’année prochaine, le nouveau commissariat sera installé dans nos locaux. On doit partir, mais le comble, c’est qu’on a toujours pas été relogés...
Vous sentez-vous suffisamment soutenus ?
Nous sommes subventionnés par le conseil général, mais nous sommes une association avant tout. Le problème majeur, c’est que le conseil général nous dit : « Limitez, limitez », mais on ne peut pas quand les gens sont dans le besoin ! D’autant plus que la mairie et leurs assistantes sociales nous délèguent beaucoup de dossiers. Résultat : alors qu’on est censés traiter 20 dossiers FSL par an, on en fait sept fois plus.
Quelles conséquences pour l’action de l’APU ?
À l’origine, nous sommes une association, et plutôt militants. En l’occurence, on a l’impression de perdre notre identité, et de ne faire que du travail administratif. Ce n’est pas notre vocation. On essaie de développer le dialogue entre locataires et propriétaires, mais là on fait plutôt de la constitution de dossiers. Nous ne sommes que quatre salariés... On n’a même plus le temps d’être militants.